Dans mon précédent article “Parlez-vous FinOps” je vous présentais cette nouvelle approche qui vient rapprocher l’ensemble des acteurs autour de la maîtrise des coûts d’un projet Cloud. L’objectif de ce nouvel article est de vous présenter concrètement comment la culture FinOps favorise la réduction des coûts et aligne finalement chaque acteurs !

 

Les risques de surconsommation de ressources Cloud

Tout consommateur de services Cloud est capable de consommer par lui-même des ressources du Cloud Solution Provider sans intermédiaire. Dès lors que nous sommes authentifiés sur le portail du CSP, celui-ci nous offre un éventail presque illimité de produits / solutions partenaires. En fait, le catalogue de services est presque illimité, ce qui pose plusieurs problèmes :

  • La multiplicité de l’offre pour répondre à un même besoin (de différentes manières)
  • L’évolutivité perpétuelle du catalogue

 

Ce qu’il est important de comprendre c’est que sans un cadre strict, permettre à nos consommateurs de consommer des ressources Cloud dans ces conditions, c’est finalement presque comme si Omer Simson se présentaient à l’entrée d’un buffet « All you can eat » d’un hôtel de Las Vegas.

buffet à volonté

Pour l’homme, les conséquences sont bien connues (dans le cas d’Omer la prise en masse), mais appliqué au cloud, c’est tout de même plus complexe à analyser. En effet, la multiplicité des choix du marketplace fait que chacun de nos consommateurs est en mesure de provisionner la solution de son choix. On a tous tendance à considérer que nos besoins sont spécifiques, voire même « uniques » et on oublie qu’il est nécessaire de conserver une certaine cohérence technique dans nos choix. A moyen terme, cela se traduit malheureusement par une perte de contrôle technique. Prise individuellement, chaque solution retenue répond au besoin exprimé. Le problème, c’est que chaque consommateur a implémenté sa solution à sa manière. Chaque implémentation est donc unique. A terme, c’est donc autant de solutions qu’il faudra maintenir. Cela a un coût technique (dette technique) mais aussi un coût humain (armée de mexicain nécessaire pour maintenir les solutions opérationnelles).

 

Permettre à chaque consommateur de consommer à volonté, c’est aussi prendre le risque de consommer de manière non rationnelle (phénomène d’achat compulsif, la peur de manquer, …). Quand on regarde la Price-Iist de nos fournisseurs Cloud, le nombre de références est impressionnante. Côté Azure, celle-ci contient plus de 60 000 références pour des services disponibles dans 58 régions à ce jour. De mémoire, on a dépassé les 200 000 côté AWS. On comprend immédiatement qu’il n’y a donc pas qu’un seul prix pour un seul produit au sein d’une même région. Cette liste s’accroit de jour en jour, ce qui rend l’exercice de prévision budgétaire plus que complexe.

 

La liberté de choix, offerte aux consommateurs, c’est aussi un risque du point de vue de la sécurité avec une perte de contrôle sur ce sujet. Ce n’est pas sans conséquence du point de vue IT mais du point de vue métier, ce sont des risques Business (non-respect de la réglementation, perte de marchés, perte de confiance des consommateurs, …). Pour certains, on peut évaluer ce risque, pour d’autres cela est bien plus compliqué.

 

Dernier risque, l’absence de lisibilité de notre consommation. Dans Azure, notre premier niveau de lecture, c’est la facture Azure de chacune de nos souscriptions (essayez avec 300 souscriptions, …). Dès lors que nous sommes autorisés à utiliser l’une d’entre elles nous pouvons y créer des ressources. Si on ne maîtrise pas qui consomme dans quelle souscription pour le compte de quelle entité /équipe, nous serons dans l’impossibilité de refacturer l’usage du Cloud. Dans cette situation, nous n’avons aucune lisibilité sur notre usage du Cloud. Il n’est même pas envisageable de mesurer l’impact d’une mesure de réduction des coûts que nous pourrions avoir mis en œuvre.

 

 

 

C’est l’heure de la mise au régime

Maintenant que l’’on connait les risques et les conséquences de cette sur-consommation, quelle est la solution ? Après les excès de notre buffet « All you can eat » d’un hôtel de Las Vegas, c’est la mise au régime. Notre régime Cloud passera par une rationalisation de notre consommation en coupant dans le superflu. Pour mesurer nos progrès, une simple balance suffit.

Pour notre facture Cloud, c’est d’une balance connectée avec option intelligence artificielle dont nous avons besoin. Savoir combien on pèse c’est bien, être en mesure de lire les détails en fonction de multiples critères et de comparer par rapport aux périodes précédentes, c’est mieux. Ce qui manque maintenant, ce sont les recommandations pour atteindre des objectifs chiffrés. Pour un FinOps, la balance connectée c’est le Azure Cost Management. C’est un bon début. Il faudra compléter l’outil mais ça nous offre un premier niveau de lisibilité de notre facture Cloud.

calcul du « Cost Drift »

 

Puis faire de l’exercice

Nous le savons bien, ce n’est pas par ce que nous avons acheté une balance connectée que nous allons maigrir, encore faut-il aussi faire de l’exercice. Dans le Cloud, c’est pareil, juste un type d’exercice différent. Voici la suite d’exercice que je vous conseil de réaliser :

 

Analyse de l’indice “Waste Usaged”

Pour commencer, nous devons arrêter les matières grasses. Pour un FinOps, c’est tailler dans le « Waste ». C’est un exercice quotidien qui consiste à identifier la partie de la facture de notre CSP qui est mal utilisée (soit qu’il n’y a plus de propriétaire associé ou que la ressource est surdimensionnée). L’objectif est de démontrer que nous dépensons notre agent de manière utile et que la part de « Waste » tend à diminuer. On peut comparer cela à notre indice de masse corporelle. Pour un FinOps, cet indicateur se nomme « Wasted Usage ».

 

 

Analyse de la consommation

Seconde étape, c’est de se remettre en question sur nos pratiques alimentaires. Dans le Cloud, c’est pareil, on va analyser finement notre consommation pour déterminer si les efforts que nous faisons portent leurs fruits. Le FinOps va analyser la dérive des coûts quotidiennement pour détecter les anomalies. En cas de dérive, il plongera dans la mesure des usages pour identifier la source de la dérive. C’est à ce niveau que la solution Azure Cost Management doit être complété. La solution ne nous propose pas d’indicateurs pour suivre notre performance. C’est à nous de les créer. Pour cela, il faut extraire les donnés de facturation (ACM historise les 12 derniers mois) pour ensuite calculer nos indicateurs. Sur l’image présente en dessous vous trouverez un calcul du « Cost Drift » réalisé quotidiennement sur une souscription donnée. On voit bien que la consommation augmente mais à partir du 05 novembre 2019, ce n’est plus une simple augmentation mais bien une dérive qui s’accélère.

 

capture consommation

Définir une bonne “Tag hygiène”

La Finesse de l’analyse du FinOps sera limitée par notre « Tag Hygiène ». Plus nous sommes strictes dans la catégorisation de nos ressources Cloud (présence des tags avec les bonnes valeurs) meilleure sera l’analyse. Pour nous c’est pareil, si on ne monte pas sur la balance régulièrement, difficile de savoir si nos efforts portent leurs fruits. Après, pas la peine de faire de l’exercice si c’est pour retourner au buffet « All you can eat » en sortant de la salle de sport.

 

Mesure de performance avec les Score Cards

Faire de l’exercice, ce n’est pas facile, surtout seul dans son coin. C’est pour cela qu’on s’inscrit dans une salle de sport (effet de groupe, émulation, …). Dans le Cloud, c’est pareil. Travailler en solitaire dans son coin pour optimiser au mieux l’usage que l’on fait de son budget ne doit pas être un exercice solitaire. On a besoin de points de repères, de se mesurer aux autres, et même d’apprendre des autres. Dans le Cloud, le FinOps propose un programme d’entrainement personnalisé pour chaque acteur ainsi qu’une analyse détaillée de nos performances avec les Score Cards qui permettent à chaque participant de mesurer leur performance et se comparer à celle des autres. On créé ainsi une émulation à consommer mieux.

entraînement collectif

La présentation de se régime stricte et de l’enchaînement d’exercice me permet de vous montrer à quel point il y a une corrélation entre la consommation Cloud et son état de forme général. C’est une démarche collective. Si tout le monde joue le jeu alors nous serons en mesure d’améliorer notre état de santé.

 

 

 

FinOps – Un Coach sportif

Le FinOps, c’est un peu le Coach sportif de notre salle de sport. Nous nous sommes inscrits à la salle de sport en pensant que faire juste un peu plus d’exercice pour résorber notre surcharge pondérale (Wasted usage pour le FinOps). Ça marche sur une courte période mais après pour tenir sur la durée, on a besoin de conseils et de motivations. C’est ça le rôle du FinOps : nous garder focus sur notre objectif de rationaliser de notre consommation des usages du Cloud. Pour cela, il va nous faire des recommandations (il ne peut pas faire les exercices à notre place) et nous mettre en place un programme d’entrainement personnalisé avec suivi des objectifs (Score Card).

Finops coach sportif

Pour conclure

Si manger sainement aide à rester en bonne santé alors, dans le Cloud, c’est pareil. Le FinOps nous motivera à mieux maîtriser notre facture Cloud. C’est aussi simple que cela. S’inscrire à la salle de sport est une bonne démarche (je veux réduire ma facture cloud) mais pour être efficace dans la durée, il nous faut de la volonté, un programme d’entrainement adapté ainsi qu’un Coach Sportif (FinOps) pour nous aider à atteindre nos objectifs.

Alors, vous vous inscrivez où ?

Maintenant que vos bonnes résolutions sont prises, commençons dès à présent nos entraînements avec la deuxième partie de cette série : “Importance de la Tag Hygiène dans une approche FinOps”.