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Khaled Boudraa
24 mai 2022
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Financement et budget d’une Digital Factory

Comment financer une digital factory

Article corédigé par Khaled Boudraa, Radoine Douhou, et Sébastien Roques

 

Les Digital Factories (ou « usines numériques ») sont de véritables leviers d’accélération de la digitalisation de l’Entreprise et de l’Économie. Elles permettent aux entreprises de pouvoir faire face aux enjeux toujours plus pressants et urgents des digital consumers.

Nous avons vu, dans nos précédents articles de cette série, pourquoi créer une Digital Factory en donnant quelques exemples de l’explosion du numérique et en quoi la bonne utilisation des données pouvait être une source d’innovation et donc de disruption business sans précédent. Nous avons également présenté les 3 typologies de Digital Factories pouvant être mises en place en fonction de l’approche suivie : Digital Factory interne, Digital Factory externe et Digital Factory Transverse (en savoir plus sur les différents types de Digital Factories).

 

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Lettre de mission de la Digital Factory

Comme présenté précédemment, la Digital Factory a pour mission d’accélérer la transformation de l’entreprise du métier jusqu’à l’IT. Dans cette charge, la Digital Factory se doit de construire son budget en fonction des missions qui lui sont confiées. Les entreprises construisent leur stratégie autour de 3 axes : défensif, offensif et new business

Axe défensif

Certains sports tels que le rugby nous apprennent qu’il faut en permanence travailler ses fondamentaux. Ils ne permettent pas de gagner mais ils permettent de ne pas perdre ! La stratégie défensive doit être à cette image. Sans être passive, cette défense est comme un mur infranchissable qui résiste aux attaques et qui avance. C’est souvent sur un plaquage offensif ou sur une interception que l’on marque les esprits. De la même manière, l’entreprise doit travailler son core business pour le renforcer et le moderniser. Ici la Digital Factory prend tout son sens pour repenser les processus et les outils du cœur de l’entreprise. Cette stratégie met en œuvre une grande structuration et organisation.

Axe offensif

Les plus belles victoires sont les plus fulgurantes. Cette stratégie repose sur la définition d’un périmètre et sur une certaine agressivité. Il est facile de comparer ce dispositif à l’équipe de foot du Brésil qui va tout parier sur l’attaque en espérant marquer plus de buts que l’adversaire. Ici, la Digital Factory doit inlassablement oser, prendre des risques, mener des assauts puissants et rapides. Cette prise de risque est présente à tous les niveaux : technique, organisationnel, financier et légal. Cette stratégie nécessite une grande persévérance.

Axe New business

« La créativité consiste à voir ce que les autres voient et à penser ce que personne n’a jamais pensé ». Cette citation d’Albert Einstein résume la stratégie New business. Le but est d’utiliser les assets disponibles pour créer de nouveaux produits sur des périmètres totalement hors de la stratégie business de l’entreprise. Dans ce cas, la Digital Factory se positionne comme une source d’innovation business et technologique. Cette stratégie implique une grande créativité.

Ces stratégies ne peuvent être prises individuellement au risque de mettre en risque l’entreprise. Les dirigeants doivent donc les doser en fonction du contexte et des capacités de l’entreprise.

Budget de la Digital Factory : le nerf de la guerre

Objectifs vs Coûts

L’ambition, la vision, la stratégie et la road map d’une Digital Factory viennent définir le pourquoi, le quoi et ses attendus en termes de business et de produits. Pour les réaliser, il est nécessaire de répondre à la question du « comment ». La typologie de Digital Factory ainsi que les missions viennent apporter les premiers éléments de réponse à cette question. L’étape suivante consiste donc à définir de manière fine ce dont la Digital Factory va avoir besoin pour répondre aux objectifs qui lui sont assignés. Il s’agit des investissements à consentir. La finesse avec laquelle il est nécessaire d’effectuer cet exercice ne doit néanmoins pas nous éloigner de sa finalité et donc du retour attendu sur l’investissement : de quoi ai-je besoin et comment cela va-t-il contribuer à l’objectif final ?

Quelle que soit la typologie de Digital Factory, 3 grands postes d’investissements fondamentaux doivent être déclinés :

  • Les savoir-faire ;
  • Les outils ;
  • Les faire savoir.

Les savoir-faire, une nécessité pour la Digital Factory

Dans un précédent article, nous avons expliqué comment organiser les équipes au sein d’une Digital Factory. A cette occasion, nous avons mis l’emphase sur les grandes familles de compétences et donc de savoir-faire nécessaires à la création de produits et de plateformes innovantes. Il est question de ceux qui vont :

  • Construire et maintenir les plateformes et middlewares servant de socles aux produits.
  • Faire émerger, formaliser, concevoir et développer la business value.
  • S’assurer, à travers des méthodes et process, que tout s’articule conformément à la finalité de la Digital Factory.

Ces compétences forment la partie émergée de l’iceberg. En effet, le monde de l’IT connaissant une tension sans précédent, les experts qui détiennent ces compétences sont très prisés et il faut redoubler d’efforts pour les attirer. Il s’agira alors en premier lieu de s’appuyer sur une équipe de Talent Acquisition à même de les attirer au sein de la Digital Factory par du recrutement interne ou externe.

Une fois les talents recrutés au sein de la Digital Factory, le plus dur commence. En effet, la Digital Factory se doit de cultiver son attractivité en commençant par créer une culture favorisant l’apprentissage continu des nouvelles technologies. D’une part, l’attraction de nouveaux talents est un effort de chaque instant pour répondre aux nombreux projets que doit traiter la Digital Factory, d’autre part elle est vectrice d’adoption des nouvelles technologies et se porte en « flagship » de l’innovation au sein des organisations. De fait, pour engager le changement et créer une dynamique, la Digital Factory se doit d’avoir des personnes compétentes, motivées et capables de partager. Le partage constitue en effet une valeur fondamentale pour créer une culture favorisant l’engagement des collaborateurs.

Le développement des compétences de l’équipe est un défi important pour plusieurs raisons :

  • L’attractivité et la rétention des talents, comme mentionné précédemment. Une organisation qui investit dans le développement de compétences aura plus de chances de fidéliser les collaborateurs tout en gardant une force de frappe technique de qualité.
  • La vitesse à laquelle la transformation technologique s’opère nécessite un véritable investissement sur la formation pour que le référentiel de compétences des collaborateurs ne soit pas désuet et ne permettent plus de répondre à l’une des fonctions premières de la Digital Factory : innover. Il peut être intéressant de nouer des partenariats avec des organismes de formation ou des éditeurs afin de s’appuyer sur leurs savoir-faire et accélérer l’évangélisation technique des équipes.

Outiller la Digital Factory

L’outillage est essentiel dans le cadre de la Digital Factory. Il participe à la définition de la structure ainsi qu’à l’attractivité des développeurs. Le Cloud est devenu incontournable. Il a plusieurs vertus comme mobiliser des partenariats forts avec les grands éditeurs, être très attractif pour les ressources ou encore être un apport continue de nouvelles fonctionnalités.

Côté budget, le Cloud est un réel investissement à calibrer et à gouverner. Ainsi, l’opportunité que revêt le Cloud sur l’apport continu de fonctionnalités impose de prévoir les budgets pour suivre ces évolutions. En dehors du Cloud, d’autres outils et services restent à évaluer et il faut définir quel est le niveau de partenariat à mettre en place. L’objectif pour la Digital Factory est de trouver dans ces partenariats des leviers d’attractivité des ressources, des facilités de communication et de marketing et des avantages financiers comme des remises.

Les faire savoir, un élément à ne pas négliger dans une Digital Factory

Le faire-savoir fait partie des éléments importants d’une Digital Factory. Faire connaître l’existence, le fonctionnement ou encore la grande capacité d’innovation d’une Digital Factory participe à son attractivité. Ce faire-savoir a plusieurs cibles :

  • Les clients: en binôme avec le Customer Success Manager pour ancrer, entretenir l’adhésion des métiers (surtout dans une typologie Digital Factory interne) et des clients.
  • Les équipes au sein de la Digital Factory: le marketing en interne permet de valoriser les équipes, mettre en exergue leurs compétences mais surtout créer des ponts de communication avec le reste de l’entreprise. La Digital Factory fait partie intégrante de l’organisation.
  • Le marché / l’écosystème: une organisation qui met en place une Digital Factory se doit de la mettre en avant pour plusieurs raisons : être concurrentielle (se démarquer d’un point de vue transformation), attirer des talents et donner l’image d’une l’entreprise qui s’inscrit dans une démarche digitale.

Un investissement est nécessaire sur l’équipe de Marketing et Communication à la hauteur des ambitions pour assurer la communication la plus large autour de la Digital Factory et ses activités.

Mise en place de partenariats d’expertises

Comme pour toutes nouvelles structures créatrices de produits, l’un des points clés est de bien choisir ses partenaires. La définition de ces partenaires repose en premier la maturité de la Digital Factory et sur la cible de l’objectif du partenariat. Dans le cadre d’un partenaire IT, les partenariats sont regroupés en 4 catégories d’expertises :

  • The Single-Service Expert: Ce type d’expertise s’utilise dans des cadres précis et si le besoin est très clairement défini. Mais il comporte un risque puisqu’il faut assembler de multiples fournisseurs pour créer une solution adaptée au besoin.
  • The Strategist : Cette expertise fournit les outils pour définir et structurer la vision technologique de l’entreprise. Les CIOs (Chief Information Officers) et les CTOs (Chief Technical Officers) appartiennent à cette catégorie et officient comme conseillers et guides dans l’entreprise. Les profils qui constituent ce domaine impliquent la dépendance à une personne et au fait qu’il faut l’accompagner d’une équipe pour mettre en œuvre la vision.
  • The Generalist: L’ambition est d’offrir un large éventail de capacités, idéal pour la mise en œuvre d’une vision concrète ou pour la maintenance du système. L’horizontalité de ces partenaires ne leur permet pas d’avoir la vision ou la profondeur technologique sur des points d’expertise.
  • The Comprehensive Team: Cette expertise réunit les compétences généralistes et stratégiques dans des solutions complètes clé en main. L’inconvénient de ce type de partenaire se situe dans l’adaptation fine de la solution au contexte de l’entreprise.

Digital Factory : partenaires experts

Ces partenaires sont indispensables pour concevoir des outils robustes et garantir la résilience. Ces outils doivent être évolutifs afin de permettre de suivre la demande et attractifs pour servir le recrutement de nouveaux talents. Derrière les briques technologiques de ces outils se trouvent des multinationales et/ou des communautés qui sont elles aussi les futurs partenaires technologiques de la Digital Factory. Il est essentiel de bien les choisir car ils peuvent servir de tremplin pour promouvoir la Digital Factory et l’image de cette entité sera liée à eux.

Ces deux niveaux de partenaires technologiques deviennent des partenaires de Marketing et de Communication, notamment sur le domaine primordial qu’est le recrutement.

D’autres types de partenariats existent notamment avec la stratégie New Business qui va permettre à la Digital Factory de travailler avec des acteurs très divers et non liés au secteur historique de l’entreprise. Ces partenaires technologiques et financiers sont un moteur d’innovation important.

Sources de financement : comment financer une Digital Factory ?

Le financement d’une Digital Factory constitue un élément majeur de son succès.

Autonomie financière de la Digital Factory

Le point névralgique permettant la réalisation des conditions précédentes est le financement de la Digital Factory. Celle-ci doit disposer d’une indépendance financière sur la mise en place de ses fondations et ainsi que dans son fonctionnement : people, process & outillage.

En effet, il est important que ce genre de structure ne dépende pas uniquement des budgets projets mais dispose de son propre budget de fonctionnement, au moins en partie.

Comme évoqué précédemment, une partie du financement proviendra des projets que la Digital Factory sera en mesure de mener. Cela sous-entend que la structure a les capacités (méthodologie et expérience) de fournir un service clé en main aux projets : estimation, planning, dispositif et suivi.

Les équipes métiers n’ont plus à s’occuper de budgets projets incompréhensibles pour eux et doivent juste prévoir l’achat d’un produit fini bien plus simple à gérer et comprendre.

Il s’agit de créer un service de conseil au sein même d’une organisation afin de trouver l’équilibre entre rendre un service de qualité compétitif (par rapport à un cabinet externe) et dégager des revenus pour financer son modèle. Rappelons-le très clairement, la Digital Factory a vocation à apporter de la valeur au business avec un time to market des plus agressifs au lieu d’être perçue uniquement comme un centre coûts.

Ainsi, les notions de business plan – comme évoqué précédemment – mais également de stratégie d’allocation de budget sont essentielles pour pérenniser la Digital Factory :

  • Capacitaire vs financement projet
  • Partage des responsabilités et des coûts Digital Factory vs Business
  • Degré de financement par les projets

Innovation et revenus de la Digital Factory

Il s’agit non seulement de pérenniser, mais également de sécuriser la Digital Factory dans son propre fonctionnement (versus le fonctionnement historique de l’entreprise), sa propre équipe et enfin son propre budget. Si chaque décision prise au sein de la Digital Factory doit passer par le circuit « classique » pour approuver un financement alors celle-ci perd son principal atout : son agilité.

Financement de la Digital Factory, une affaire de culture avant tout

Le succès d’une Digital Factory repose également sur la capacité des organisations à changer leurs pratiques « corporate » de financement et à s’engager pleinement dans une transformation interne. Sur le plan méthodologique, l’organisation gagne en agilité sur la manière de construire des produits mais également sur la manière de financer cette activité à travers des étapes.

Dans un souci d’optimiser l’effort et donc d’éviter le « gaspillage » de budget inutile (approche Lean), la Digital Factory démontre en présentant l’avancée des travaux, les gains, la valeur ajoutée des produits et donc le bien-fondé de la structure (approche empirique).

Pour aller plus loin sur la Digital Factory

Le financement d’une Digital Factory, quel que soit son type, amène des changements de paradigme et un certain nombre de prérequis auxquels les organisations doivent faire face. Pour tirer profit d’une structure de ce type, celle-ci doit être accompagnée de changement culturel et de processus au sein de l’entreprise : que ce soit sur le mandat donné à la Digital Factory (autonomie budgétaire), le business model ainsi que le suivi des projets et la stratégie de facturation.

 

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