Les astuces pour s’initier efficacement à Power Platform

Microsoft Power Platform est une plateforme Low-Code permettant de créer rapidement des solutions commerciales personnalisées de bout en bout.
Elle se compose de cinq domaines de produits :
- Power Apps
- Power Automate
- Power BI
- Power Pages
- Copilot Studio
Chaque domaine peut être utilisé séparément ou ensemble.
Unis par la technologie Microsoft Dataverse sous-jacente, tous les domaines sont conçus pour une expérience connectée afin d’atteindre vos objectifs, qu’il s’agisse de créer des applications d’analyse, d’automatisation des processus ou de productivité basée sur les données.
L’aspect Low-Code de Power Platform permet aux utilisateurs sans compétences en programmation de développer des applications rapidement et efficacement.
Cependant, lorsqu’on débute avec cette plateforme, la diversité des outils et des fonctionnalités peut rendre la prise en main difficile. Il est essentiel de comprendre les bases, et d’explorer les ressources disponibles pour se familiariser avec les possibilités offertes par ces différents produits.
De plus, pour garantir des solutions robustes et évolutives, il est nécessaire de suivre quelques bonnes pratiques.
Afin de vous aider, voici donc un best-of des astuces & bonnes pratiques que j’aurais aimé connaitre lorsque j’ai débuté sur Power Platform.
Avant le développement
Commencez par les parcours MS Learn si vous souhaitez apprendre les bases

Les parcours d’apprentissage MS Learn sont une excellente porte d’entrée pour se familiariser avec chacun des produits de Power Platform.
Les parcours sont ludiques, clairs, et vous permettront de mesure votre progression.
Depuis le studio Power Apps et Power Automate, vous retrouverez directement les parcours de formations, avec différents niveaux de complexité.
Ces parcours sont également accessibles sur la documentation Microsoft.
N’hésitez pas à explorer les différents modules avant de commencer vos développements.
Avant la moindre modification, vérifiez l’environnement dans lequel vous êtes
Qu’est-ce qu’un environnement Power Platform ?
Un environnement Power Platform est un espace pour stocker, gérer et partager les données d’entreprise, les applications, les chatbots et les flux de votre organisation. Il sert également de conteneur pour séparer les applications susceptibles d’avoir des rôles, des exigences de sécurité ou des audiences cibles différent(e)s. Pour être plus simple, il s’agit d’une « grosse boite de rangement ».
La manière dont vous choisissez d’utiliser des environnements dépend de votre organisation et des applications que vous essayez de générer. Par exemple :
- Vous pouvez choisir de générer uniquement vos applications ou chatbots au sein d’un environnement unique.
- Vous pouvez créer des environnements distincts qui regroupent les versions de test et de production de vos applications ou chatbots.
- Vous pouvez créer des environnements distincts qui correspondent à des équipes ou des services spécifiques de votre société, chacun contenant les données et les applications appropriées à chaque audience.
- Vous pouvez également créer des environnements distincts pour différentes filiales mondiales de votre entreprise.

Soyez donc vigilants sur l’environnement dans lequel vous vous trouvez lorsque vous souhaitez initialiser ou modifier un projet.
Pour rappel, vous pouvez rapidement avoir l’information sur l’environnement dans lequel vous êtes ici :

Pensez au cycle de vie de l’application (évitez l’environnement par défaut)

Avec le recul, je recommande désormais à mes clients de ne pas centraliser l’ensemble des projets de l’organisation au sein de l’environnement par défaut.
Ce dernier est un type spécial d’environnement de production. Chaque client dispose d’un environnement par défaut créé automatiquement, et qui ne peut pas être supprimé.
Le point de départ idéal pour une organisation serait :
- Un environnement de développement
- Un environnement de recette
- Un environnement de production
- L’environnement par défaut
L’environnement par défaut serait utilisé pour les formations et les tests. Les projets destinés à être utilisés en production seront initialisés dans l’environnement de développement. Ils seront ensuite migrés dans l’environnement de test pour être évalués.
Si l’application passe les tests, elle passe dans l’environnement de production.
Cela permet d’avoir des environnements dédiés à chaque besoin, avec des accès configurables, et la possibilité d’affiner la sécurité sur chacun d’entre eux.
En début de projet, ayez le réflexe des solutions
Qu’est-ce qu’une solution ?
Les solutions sont utilisées pour transporter des applications et des composants d’un environnement à un autre, ou pour appliquer un ensemble de personnalisations à des applications existantes. Une solution contient une ou plusieurs applications ainsi que d’autres composants tels que des plans de site, des tables, des processus, des ressources Web, des choix, des flux, etc.
Un environnement peut comporter plusieurs solutions. Visuellement, pensez à « des petites boites dans une grande boite ». Chaque petite boite étant la solution, et correspondant à un projet.

Pensez systématiquement à créer une solution au début de votre projet, et à ajouter les éléments le composant à l’intérieur. Ils vous permettront de centraliser l’ensemble des éléments du projet, et vous serez en mesure de les exporter rapidement d’un environnement à un autre. Pratique pour passer dans l’environnement de test et en production.
Si besoin, une nouvelle fonctionnalité permet de définir une solution préférée, et d’ajouter automatiquement tous les éléments nouvellement créés dans cette solution.
Identifiez correctement le besoin et les fonctionnalités attendus
L’identification correcte du besoin du projet est un élément critique pour mener un projet à bien. Afin d’avoir l’ensemble des informations du projet, et s’assurer d’une victoire, je recommande la méthode « Lego » que j’applique à chacun de mes projets :
- Identifiez toutes les parties prenantes du projet: A qui s’adresse le projet ? Qui est le demandeur ? Qui décide ?
- Faites-les parler pour identifier/formaliser les fonctionnalités attendues et décortiquer l’ensemble du processus. Comprenez comment ils fonctionnent actuellement et demandez comment ils aimeraient que ça marche dans le futur. Une parfaite compréhension de leur méthode de fonctionnement permettra la définition d’une solution correctement adaptée.
- Utilisez des personas pour définir qui seront les principaux profils d’utilisateurs. Chaque rôle a ses actions, ses droits et doit être correctement identifié.
- Faites une maquette pour aider les parties prenantes à se projeter dans la future solution en vous basant sur les informations récoltées précédemment.
- Faites une documentation claire et précise pour synthétiser l’ensemble des besoins ainsi que de la solution proposée qui sera mise en place : ce sera le mode d’emploi de votre projet. Les pièces du Lego ont été identifiées et vous avez une idée précise de ce que vous devez construire.
- Une fois le mode d’emploi terminé et validé par le métier, appliquez le mode d’emploi page par page. Félicitions, vous avez votre Lego.
Tous les connecteurs ne sont pas gratuits
Identifier la base de données sur laquelle le projet va être connecté et le nombre total d’utilisateurs, c’est anticiper les licences nécessaires et le coût associé du projet.
Un connecteur est un composant qui représente le lien entre une source de données ou un service externe et Power Platform. Les connexions sont nombreuses, et on peut citer par exemple : SharePoint, Dataverse, Salesforce, SQL, OneDrive, DocuSign, Teams, Excel et même Outlook.

On peut classer les connecteurs en 3 catégories :
Connecteurs Standard
Ils ne nécessitent pas de licence spéciale (une licence Office 365 suffit). Ils couvrent les sources de données/services les plus couramment utilisées dans l’univers 0365 telles que SharePoint, OneDrive, Outlook, Teams, Excel.
Connecteurs Premium
Ils ne sont disponibles que si vous souscrivez à un plan de licence supplémentaire (Power Apps Premium/Per App/ Pay as you go ou Power Automate Premium).
Ils couvrent principalement des services/sources de données externes tels que Salesforce, DocuSign, SQL, Survey Monkey, Dataverse, etc.
Une icône en forme de diamant permet de les identifier rapidement.

Connecteurs customisés
Certaines des APIs, services et systèmes ne sont pas disponibles via des connecteurs prédéfinis.
Pour gérer ces situations, vous pouvez générer des connecteurs personnalisés comportant leurs propres déclencheurs et leurs propres actions.
Cependant, ils nécessitent également une licence premium.
Pendant le développement
Utilisez une convention de nommage
L’utilisation d’une convention de nommage dans Power Apps est essentielle pour maintenir une cohérence et une clarté dans l’application, ce qui facilite la navigation et la compréhension du code par tous les développeurs.
De plus, cela aide à éviter les confusions et les erreurs potentielles lors de l’ajout ou de la modification de fonctionnalités, ce qui se traduit par une maintenance plus facile et une meilleure qualité de l’application.
Pour ma part, je recommande d’utiliser la convention de nommage proposée par Emmanuel Gallis, MVP Power Platform. La convention se résume ainsi :
- Pour les écrans : un nom clair et parlant pour ce qu’il contient, pas d’abréviations
- Contrôles : pas d’espace, pas de caractères spéciaux, caractères accentués autorisés
- Un nom unique par contrôle
- Utiliser systématiquement un code écran en suffixe du nom de vos contrôles pour identifier clairement leur localisation dans l’application.
- Pour un contrôle : xxxMonContrôle_YYY (xxx=type de contrôle, YYY=code écran)
- Pour une variable : xxxMonNomDeVariable[_YYY] (xxx=type de variable, YYY=code de l’écran, facultatif)
Exemples de nom d’écrans :
- Accueil (ACC)
- Liste produit (LP)
- Edition client externe (ECE)
Exemples de nom de contrôles :
- lblSaisieDuPrénom_ACC
- galListeProduit_LP
- frmModifProduit_ECE
Types de variables :
- glo = variable globale définie avec Set()
- loc = variable locale définie avec UpdateContext({})
col = collection définie avec ClearCollect()
La liste de préfixes selon le type de contrôle est la suivante :

Dans Power Automate, pensez à renommer vos actions
Renommer ses actions Power Automate est crucial pour maintenir une structure organisée et compréhensible du flux de travail, ce qui facilite la détection et la correction des erreurs.
De plus, cela permet aux autres utilisateurs de comprendre facilement le but de chaque action, favorisant ainsi une collaboration efficace et une maintenance simplifiée du flux de travail.
Un flux correctement renommé est deux fois plus rapide à comprendre qu’un flux sans explication.

Pensez à commenter votre code Power Fx
Commenter son code Power Fx est essentiel pour assurer une compréhension claire du fonctionnement du code, ce qui facilite la maintenance et l’évolution du code à long terme.
De plus, les commentaires permettent aux autres développeurs de comprendre rapidement vos intentions, ce qui favorise une collaboration efficace et réduit les erreurs potentielles lors des modifications futures du code.
Rédigez des commentaires qui décrivent l’intention d’une section du code, sans répéter ce que fait la ligne. Pensez à les maintenir lors de vos évolutions et limitez leur nombre.
Ma méthode pour mes commentaires est la suivante :
- Sur une ligne séparée au-dessus de la section de code qu’ils décrivent
- Pas sur la même ligne qu’un morceau de code.
- En phrases complètes et en utilisant un langage simple.

Que faire en cas de blocage ?
Il est fréquent d’avoir des blocages lorsque vous débutez sur Power Platform. Cette plateforme propose un nombre important de fonctionnalités, et il est difficile de toutes les connaitre.
Face à un problème ou un doute, 4 scénarios sont possibles :
- La réponse existe probablement sur Internet
- C’est un bug du produit
- Le produit ne peut pas le faire
- Vous êtes le premier à rencontrer cette problématique
Pour savoir dans quel scénario vous vous trouvez, je recommande d’aller explorer les liens suivants :
- Sur le site communautaire 100% français sur Microsoft Power Platform : Power Platform French Community via https://ppfc.fr/
- Sur les forums Microsoft : en décrivant précisément votre problématique dans Google
- Sur YouTube via ces 3 chaines de spécialistes sur la PP (nouveautés/idée design/explications de codes etc.) : Reza Dorrani, Shane Young, April Dunnam
- Sur les blogs de spécialistes de Power Platform dont l’excellent blog de Matthew Devaney : https://www.matthewdevaney.com/
90% des questions que je me pose lors de mes projets trouvent des réponses grâce à ces 4 ressources.
Réduisez le nombre de contrôles sur vos écrans
Limiter le nombre de contrôles sur un écran dans Power Apps est important pour assurer une expérience utilisateur fluide et intuitive, évitant ainsi la surcharge d’informations qui peut rendre difficile la navigation dans l’application.
De plus, cela contribue à une meilleure performance de l’application, car un grand nombre de contrôles peut ralentir le temps de chargement de l’écran, consommer davantage de mémoire et donc affecter l’efficacité globale de l’application.
Essayez donc de concevoir vos écrans avec le moins de contrôles possible.
Si vous n’avez pas le choix, envisagez plutôt de répartir sur plusieurs écrans.
Regardez comment font les autres
Définir et proposer le design d’une application n’est pas inné, et n’est pas nécessairement dans les compétences d’un aspirant développeur.
Pour découvrir les recommandations ou simplement avoir des idées de design d’application Power Apps, je recommande de s’inspirer :
- De la chaine YouTube de Reza Dorrani
- Des blogs de MVP & Posts LinkedIn de la communauté PPFC
- De toutes les applications que vous utilisez au quotidien
- En ouvrant les modèles prédéfinis de Power Apps

- Des template d’écran directement proposés lors de la création d’écrans dans Power Apps

Après le développement
Testez vos applications et vos flux encore et encore
D’après Edward A. Murphy Jr, « S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie. »
Avant de passer en phase de test, testez vos applications de manière à anticiper les erreurs d’inattention des utilisateurs, de mauvaise compréhension/manipulation ou même la volonté de contourner certaines protections.
Imaginez des scénarios en tant qu’utilisateur de votre application comme ceci :
- J’essaye d’enregistrer mon formulaire sans avoir renseigné toutes les informations obligatoires.
- Je force des valeurs ou des fichiers qui ne sont pas pris en charge.
- Je cherche à accéder à des données qui ne me sont pas autorisées.
- Je clique absolument partout dans l’application.
- Je tente d’accéder directement à la source de données.
Ces tests vont permettre de tester la robustesse de votre application, et d’identifier peut-être des éléments dont la sécurité est à améliorer.
Partager l’App c’est bien, partager la source de données, c’est mieux
Lors de la phase d’UAT (User Acceptance Test), l’application quitte l’environnement de développement pour migrer dans l’environnement de recette.
Une fois la migration faite, je recommande toujours de vérifier que vous avez bien :
- Partagez votre application directement depuis Power Apps

Un utilisateur essayant d’accéder à l’application sans qu’on lui ait partagé aura le message suivant :

2. Partagez les accès et droits sur la Base de Données directement depuis votre source de données.
Un utilisateur n’ayant pas les droits sur la base de données liée à l’application, mais avec qui l’application est partagée, pourra y accéder.
Cependant, l’application sera vide de données et l’utilisateur ne pourra pas interagir avec.

3. Testez les performances
Tester les performances dans Power Apps est crucial pour garantir une expérience utilisateur fluide et efficace, car cela permet d’identifier et de résoudre les problèmes de latence ou de temps de chargement qui pourraient frustrer les utilisateurs.
Un utilisateur frustré utilisera l’application à contrecœur et sera un mauvais ambassadeur.
De plus, ces tests permettent de s’assurer que l’application peut gérer un volume élevé de demandes simultanées, ce qui est essentiel pour maintenir la fiabilité et la disponibilité de l’application.
Avant de passer en phase de recette, contrôlez le temps nécessaire à votre application pour effectuer ces actions courantes :
- Au démarrage de l’application
- Lors de la navigation entre des pages
- Lors d’un filtrage de données
- Lors de l’appui sur un bouton d’enregistrement
Si les délais sont trop importants, pensez à optimiser votre code, à limiter l’exécution de code au démarrage de l’application, le nombre de contrôles et à utiliser le moniteur Power Apps.


Ce dernier permet de suivre les événements au fur et à mesure qu’ils se produisent dans une application canevas pendant l’utilisation de l’application, et d’identifier les éventuels problèmes.
L’essentiel à retenir sur Power Platform
Ayant été moi-même « Citizen Developer », je me suis formé de façon autonome via les ressources que je vous ai partagées pour découvrir et monter en compétences sur Power Platform.
L’apprentissage de Power Platorm ne se fait pas naturellement : ce n’est pas inné, mais cette solution reste accessible encore aujourd’hui aux personnes n’ayant pas forcément des années d’études dans l’informatique.
Ces astuces que j’ai partagées, ce sont des choses que j’ai apprises lors de ma montée en compétence permanente, de mes projets avec Cellenza, des missions menées auprès de mes clients, des formations suivies et certifications obtenues, et de toutes les personnes que j’ai rencontrées.
Beaucoup de ressources produites par la communauté Power Platform sont disponibles pour apprendre les bases, se familiariser avec les outils et aider en cas de blocage. Utilisez-les.
Mon dernier conseil : lisez, testez, explorez, soyez curieux et vous progresserez très rapidement !
Et pour retrouver ces conseils en vidéo, je vous invite à visionner le replay de ma session lors du Franch Power Beak :
